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derrumbe wwoofnext

Pérou – Equateur, d’un Derrumbe à l’autre

 

A Duraznillo, les adieux furent presque trop chaleureux pour pouvoir les supporter dignement. Nous reprenons à l’envers, le chemin boueux que nous avions emprunté à l’aller. L’œil humide, comme le sentier triste qui nous portera jusqu’aux premiers semblants de civilisation.

adios duraznillo

Ces deux semaines hors du temps, d’un wwoofing dans un petit village péruvien, resterons certainement parmi les moments forts de ce voyage. A croire que les meilleures rencontres sont celles qui commencent dans une ferme…

Pourtant, il nous vient comme des envies de coucher de Soleil et de sable fin. Il y aurait encore largement de quoi visiter dans la région de Chachapoyas, mais nous nous lassions de la montagne et des ruines, et trépignions devant les cocotiers et les les plages du Pacifique.  L’avantage, sous ces latitudes, c’est qu’on est assez libre de pouvoir choisir entre terre et mer. Et puis, nous le savions déjà, nous avions rendez-vous pour faire un volontariat en Equateur au bord de l’océan.

Wilder, notre hôte de Duraznillo, nous a indiqué la meilleure route pour se rendre en Equateur. Il la connait bien la route, il a même un ami qui y est allé, une fois, en Equateur. En théorie, son itinéraire était le plus court et le moins cher.

C’est vrai qu’il avait l’air bien droit et bien commode sur la carte.

Chachapoyas-zumba

Mais les prévisions sur les trajets au Pérou, c’est un peu comme les chiffres des manifestations en France.

5h30 selon Google, 24h selon les locaux et plus de deux jours en réalité. 

Ça sera pour nous l’occasion d’apprendre un nouveau mot en Espagnol :  »derrumbe ». Ce qui veut dire en Français  »n’y allez pas, c’est le bordel » ou « éboulis » pour les linguistes. En général, la route est bloquée pour un jour ou deux, nous aurions pu attendre, c’est pas comme si nous avions des impératifs urgents, mais nous étions plus disposés à nous engouffrer dans une énième aventure qui sentait la poussière et les coups de soleil.

Derrumbe ou pas, il y a toujours moyen de s’arranger. S’il n’y a pas de bus avant les prochaines 24 heures, les moto-taxis, elles, étaient bien disposées à nous faire avancer un peu plus loin.

A l’air libre, au soleil et pour pas cher, on trouvait ça amusant, au début.

moto taxi peru

Nous arrivons au pied de l’éboulis où il nous est offert le choix d’attendre une pause dans les travaux pour continuer en véhicule d’ici une heure ou bien d’emprunter la voie des champions par un sentier en pleine chaleur qui  contourne le derrumbe.

Nous prendrons le sentier de la gloire. Décision stupide sur le plan stratégique puisque nous mettrons 2 heures à contourner le monticule. Deux heures, c’est largement suffisant pour perdre son sang froid et revenir sur la capacité de chacun à prendre les bonnes décisions.

C’est vrai que ça montait un peu…

maylis derrumbe

 

derrumbe route

En redescendant, un péruvien opportuniste nous demande de payer la taxe qu’il venait de créer pour les marcheurs qui foulaient sa parcelle. Animé par l’espoir d’un billet en voyant nos deux têtes rouges de gringos essoufflés, sa déception fût totale lorsque nous lui répondîmes poliment d’aller chasser d’autres pigeons.

A peine le temps de continuer à s’insulter timidement de part et d’autre de la route qu’une autre moto-taxi nous conduit à la prochaine étape d’où nous prendrons une voiture, puis une autre, et une autre encore, pour arriver le soir à San Ignacio, toujours au Pérou.

La route, se fait sans encombre le lendemain. Si bien que nous arrivons avant midi à la frontière de la Balza, ce qui tombe à pic puisque le premier bus (sur deux par jour) part vers 12h30. La frontière est la plus rudimentaire que nous ayons jamais traversée. Elle consiste en fait, en une barrière en bois et deux cabanes préfabriquées bancales pour accueillir les douanes.

balsa frontera

A 12h30 nous sommes accueillis en Equateur, à bord de sa ranchera. Sorte de bus sans vitre, ni coussin sur les sièges, ni amortisseur semble-t-il. Bref, un voyage de plusieurs heures sur les routes de terre, bien sympathique pour nos derrières malgré les paysages agréables.

Un derniers derrumbe et nous sommes à Zumba.

ranchera zumba

 

Autant dire qu’en arrivant à Zumba nous ne voulons plus perdre de temps et cherchons à prendre un bus au plus vite. Pas si vite, la route est bloquée, seule une ranchera peut passer. La cause ? Un nouveau derrumbe.  Ça doit être la saison…

C’est pas que nous avons été mal accueillis en Equateur ou que le pays n’ait pas l’air attrayant. Seulement le temps file, et nous voulons passer plus de temps à explorer la Colombie en profondeur. Du coup, nous visiterons l’équateur de façon assez superficielle sans s’y attarder : Le volontariat à la plage à Manta, quelques doses d’adrénaline à Baños et Quito, peut être, suivant l’envie. Avant de rejoindre l’océan, nous nous rendons donc à Baños, ville réputée pour son tourisme d’aventure et de sensations fortes. Juste le temps de sauter d’un pont ou d’une cascade.

Ce fut plus ou moins amusant selon le plaisir de chacun à apprécier un fourmillement dans ses entrailles. Ce même plaisir qui nous pousse à contourner un derrumbe plutôt que d’attendre sagement à l’abris, le prochain bus prévu.

cannyioning

saut-banos

Encore un petit trajet et nous arrivons d’une traite au bord du pacifique, après huit heures de bus. Les cocotiers, la chaleur et les couchers de soleil sur la plage nous attendent depuis toujours. Nous y resterons trois semaines paisibles, pour tester et approuver un volontariat à l’Américaine.

manta

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