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Choquequirao-peru

Choquequirao, la sœur cachée du Machu Picchu

 

Choquequirao est considérée comme la petite soeur du Machu Picchu, le site est pourtant largement sous estimé voire méconnu par la plupart des touristes et même parmi les péruviens. En effet, caché au sommet de la chaîne de Salkantay, le site de Choquequirao est un véritable joyau qui reste encore très confidentiel notamment dû à la difficulté de l’ascension. Ce trek reste pour nous un des plus beaux souvenirs de voyage, voici ci-dessous le récit de notre aventure.

 

Nous étions venus au Pérou alléchés par les futures découvertes des vestiges Incas qui nous attendaient, nous fûmes quasi rassasiés après les visites des différents sites de la vallée sacrée autour de Cusco et du Machu Picchu. Nous avons couru de ruines en ruines et crapahuté jusqu’à épuisement vers ce qu’il reste des temples incas toujours perchés sur les plus hauts sommets de la vallée. Si bien qu’après une semaine de visites, nous étions proche de l’indigestion et commencions à nous demander si l’ascension du très appétissant Choquequirao ne serait pas le trek de trop.

D’autant que c’est un gros morceau puisque l’ascension de 31km se fait en 4 jours avec des montées en plein Soleil aussi spectaculaires que décourageantes. Nous sommes prévenus avant de partir par des copains voyageurs de l’auberge qui nous précisent que c’est surement le trek le plus difficile qu’ils n’aient jamais fait:

– « Franchement, vous allez en chier, c’est le trek le plus dur que j’ai jamais fait et pourtant j’en ai fait! Tu penseras à nous après le pont. »

Sur ces encouragements, nous partons pour Cachora où commencent les hostilités. Autant dire en arrivant dans le village quasi désert que le site n’a pas la renommée du Machu Picchu. Il y a bien quelques pancartes pour indiquer la route à suivre mais ce n’est pas le même comité d’accueil.

Un taxi nous dépose au centre du village et nous mettons bien dix minutes avant de croiser une âme éclairée capable de nous indiquer une auberge. Il y en a plus ou moins trois dans le village, et comme nous sommes en basse saison, elle ne sont pas toutes ouvertes. Nous trouvons finalement un gîte dans le centre que nous serons les seuls à occuper.

Le soir venu, nous commençons à angoisser et à nous demander dans quelles galères nous allons encore nous fourrer. Nous achetons des vivres pour 4 jours et une casserole. A la nuit tombée, il ne nous reste plus qu’à trouver une tente dans ce village éteint. Nous frappons aux portes des guides et des porteurs, en vain. Un habitant nous certifie que nous pourrions loger chez l’habitant ou que nous trouverions bien une cabane pour passer la nuit.

Nous partons donc le lendemain vers 6h du matin, sans tente ni mule pour quatre jours de surprises… Aléa jacta est !

depart-choquequirao Choquequirao-village

A une heure du village, nous continuons à croiser des enfants joyeux en uniforme qui descendent la montagnes sur le chemin de l’école… belle leçon de courage pour nous autres qui n’osons plus nous plaindre.

Cependant, nous marchons bien et arrivons en forme à 9h à un premier refuge, d’où nous ne daignerons pas nous arrêter. Le brouillard bouchant complètement la vue nous force à avancer tête baissée, concentrés sur les trois mètres visibles devant, pareils à des des chevaux de trait dont la vision est restreinte par leurs œillères.

Huancacalle, neblina

Le voile se lève enfin et nous découvre au milieu des montagnes verdoyantes au pied desquelles circule une rivière encore silencieuse.

Choqueqirao-start

A 10h le Soleil est bien haut, le climat change à chaque flanc de montagne et devient plus aride. Nous sommes en quelques mètres projetés dans le sud de la France un mois d’été. Les cigales se réveillent en choeur dans un vacarme lancinant et les moustiques font leur première apparition.

Choquequirao-vista-puente

Nous apercevons de loin le pont que nous devrons traverser, il nous apparaît proche surtout qu’il ne nous reste qu’à descendre pour l’atteindre. Si proche que nous décidions de prendre notre déjeuner à cette adresse. Grossière erreur de jugement, nous avions lourdement sous-estimé la descente interminable sous ce Soleil menaçant, qui s’est transformée en véritable traversée du désert. En nous approchant enfin du pont nous terminons les cent derniers mètres en vacillant d’avoir trop repoussé l’heure du ravitaillement.

Au niveau du pont se trouve ce qu’ils appellent le « camping municipal » où sont mis à disposition des douches (ou plutôt des jets d’eau glacés) et des boissons hors de prix. Heureusement que nous avions nos pastilles magiques pour rendre l’eau potable.

Cet arrêt au camping nous permet de commencer à évaluer l’étendue des difficultés qui nous attendent. D’en bas, la montée nous parait insurmontable. Pourtant il est 14h et nous ne voulons pas rester au camping, les moustiques sont vraiment trop voraces, nous avons les jambes, les bras et le cou en sang et le gérant du lieu est beaucoup trop désagréable.

Nous stoppons toutes réflexions et attaquons la montée infernale. Nous repensons à notre compagnons d’auberge qui doit surement descendre des bières à Cuzco : « Tu penseras à nous après le pont ».

Choquiquerao-rayas-del-sol

Evidemment, nous regrettons instantanément notre camping sans étoile qui nous semble finalement plus paradisiaque à chaque pas. Les bornes kilométriques défilent à une lenteur extrême, c’est bien simple, nous avançons précisément d’un kilomètre à l’heure! Derrière chaque virage se cache inlassablement la même montée qui s’annonce comme un nouveau coup porté au moral. Nous encaissons cependant, hypnotisés par ce chemin de pierre et de boue qui nous porte, jusqu’à ce que nous réveille le crépitement chaleureux d’un feu inespéré.

Nous arrivons à la casa de la senora Euphémia dans le village de baja Santa Rosa. Village constitué de trois maisons au total.

casa santa marta

« Je vous ai vu passer le pont tout à l’heure, du coup, j’ai mis du maïs a bouillir si vous voulez »

santa rosa choquequirao

La nuit commence juste à tomber, nous lui demandons si elle peut nous accueillir pour dormir. Elle a justement une chambre qu’elle peut nous louer pour 10 soles, elle nous la montrera plus tard… Elle peut aussi nous préparer un cochon d’Inde pour diner mais nous préférons nous délester et cuisiner ce que nous transportons. Nous allons donc chercher du bois pour utiliser son foyer et mangeons les trois à table en riant et en écoutant ses histoires. Quand vient l’heure de dormir (vers 18h30), elle nous montre enfin notre chambre et nous découvrons que nous ne dormirons pas seul.
Le sol est jonché de cochon-d’Indes qui s’agitent et se cachent en couinant sous la lumière de la lampe torche.

cuyos - choquequirao

Nous nous levons de bonne heure le lendemain en espérant arriver assez tôt sur le site archéologique pour pouvoir le parcourir dans la journée. Nous partons donc plein d’entrain en terminant la montée infernale que nous avions entamée la veille. Nous savons aussi, d’après Euphémia, qu’il y a un village plus haut et qu’après celui-ci, la randonnée est plus tranquille.

Mais même le matin, la montée reste infernale.

choquequirao-kaput

Cependant nous arrivons assez vite au village surpris de voir une trentaine de maisons clairsemées sur le plateau. Le village est paisible, et après ces efforts, nous parait enchanté. On pourrait y voir sans s’étonner, Gandalf fumer sa pipe sur la terrasse d’une des maisons.

choquequirao village

Du village, nous continuons notre parcours de santé et recommençons à sourire. Nous prévoyons de déjeuner au pied du site pour pouvoir le visiter dans l’après-midi. La ballade fut plus longue que prévu mais nous n’étions plus à cela prêt. En chemin au loin, nous apercevons émus, les premières traces des ruines incas; une large étendue de terrasses superposées.

Il faut savoir que le site de Choquequirao n’a été défriché qu’à 30-40% et qu’une bonne partie reste enfouie sous la végétation.

choquequirao terrasse

Au pied du site, nous laissons notre sac au refuge et décidons qu’il serait plus judicieux de pique-niquer dans les ruines haut perchées, en espérant que les incas aient encore une fois choisi un de ces emplacements majestueux pour édifier leur cité. Nous continuons l’ascension en passant par les premiers édifices est tombons finalement sur le spot ultime pour ripailler; au sommet d’une première montagne, tout prêt de l’ancien temple.
Excellent choix, le panorama était exceptionnel.

Choquequirao ruines 1 Choquequirao adri

Nous continuons l’exploration et prenons le chemin vers un autre sommet qui nous mène à une plateforme nous offrant une vue à 360°. Depuis celle-ci nous tombons nez-à-nez avec le cœur de la cité dont nous n’avions aucune idée de la grandeur ni de la beauté. Quelle surprise! nos efforts étaient entièrement récompensés, désormais nous pouvons le dire, ce site magique vaut bien tous les Machu Picchus du monde!

Choquequirao-peru Choquequirao 2

Il y a tant à voir qu’une bonne journée est nécessaire.

Choquequirao 3 Choquequirao 4 Choquequirao 5 Choquequirao 6

Nous finissons par rentrer avant la nuit et retrouvons notre village de hobbit où nous avons un message à apporter à Joy de la part d’Euphémia pour le prévenir que la fille de celle-ci arrive le lendemain et qu’il est invité à venir discuter. Nous nous arrêtons pour demander à trois villageois qui papotent sur une table à l’extérieur. Petit malaise, l’homme qui discutait avec deux femmes est bien celui que nous cherchions mais nous le trouvons en larmes complètement ivre. Nous passons donc la commission à sa femme qui était plus apte à comprendre le message, elle nous propose aussi un matelas pour passer la nuit.

Choquequirao village 2 Choquequirao casa

La suite, c’est le retour que nous pensions faire en deux jours mais que nous fîmes en une journée poussés par un élan de motivation épique et par l’appât d’un bon matelas. Nous marcherons les deux dernières heures dans la nuit jusqu’au village et arriverons complètement lessivés mais tellement fier d’avoir relevé ce défi ensemble. Nous nous coucherons tôt après un bon repas, des souvenirs déjà plein la tête.

Pour voir découvrir plus de photos, rendez vous sur notre page facebook.

La prochaine étape, c’est notre wwoofing dans un village péruvien à découvrir en vidéo.

A bientôt sur wwoofnext!

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