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Pour lire la première partie de l’article rendez-vous ici.

Nous partons donc comme des princes, direction Patquia.

De là, un mâcheur de coca nous amène à Chilecito. Sans doute étions-nous fatigués ce soir là mais l’homme nous paru peu aimable, et s’il n’avait pas eu sa femme et sa petite fille à côté, il aurait pu être angoissant. Outre le fait qu’il était difficile de déchiffrer tous les mots qu’il essayait d’articuler par sa bouche encombrée, il faisait des blagues douteuses et ne rigolait pas aux miennes. Le mélange a créé une ambiance inconfortable qui nous amena à nous poser cette question:

Peut-on détester un homme qui vous rend service ?

Arrivés à l’entrée de Chilecito, l’homme nous dépose en pleine nuit en nous disant que d’aller tout droit pour arriver au centre ville. Nous avons marché tout droit certes, mais pendant une heure avant d’arriver dans la ville et atteindre un hôtel.
Ce soir là, et au moins pendant une heure, nous avions une réponse à notre question…

Le lendemain nous attend notre plus longue journée de stop, nous passerons par 6 véhicules différents. Le soleil tapait tellement que les quelques personnes que nous croisions nous donnaient de l’eau en nous souhaitant « courage ».

Trois heures plus loin (15km) une gentille famille à qui nous demandions un peu d’eau, nous a offert des fruits frais du jardin et de la glace du congélo. Les gens sont formidables!
Ou parfois maladroit. Parmi les conducteurs, un homme nous traite de hippies sans faire exprès (la nouvelle insulte pour nous depuis El Bolson et Mendoza .)

« Vous cherchez un hostel? mais vous les hippies, vous dormez dans des campings non? »  Non, non on est comme tout le monde, on aime bien le confort et les douches propres de temps en temps, surtout quand c’est pas cher. Et toi mon copain, tu aimes les barbecues non?

Bref grosse journée, on a fini à l’air libre, sur des chaises de jardin.

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Nous repartons le lendemain pour Cafayate et nous recevons un nouveau cadeau dès le matin, mais cette fois venu du ciel. Au commencement, une scène tragique: un camion est renversé sur le côté, la police a bloqué la route. Intrigués par le spectacle, et par le large sourire qu’affiche notre ami conducteur, nous commençons à comprendre. En fait, le camion accidenté transportait des centaines de cagettes de fruits juteux fraichement cueillis. Ce qui se traduit en Argentin par : Raisin gratuit pour tout le monde!

En un rien de temps, les dégâts furent évacués.

Uvas gratis

Le soir nous sommes bien arrivés à Cafayate après s’être fait transporter par des conducteurs tous plus gentils les uns que les autres. La ville est connue pour son vin. Nous traversons les exploitations viticoles luxueuses au milieu des montagnes habillés de ces vignes rectilignes. Au réveil, on se referait bien une route du vin si on ne devait pas d’abord partir pour Cachi à 2 200m d’altitude sur la route de Salta.

Nous arrivons à sortir facilement de Cafayate mais désespérons dans un village un peu plus loin en voyant l’absence de voiture qui emprunte la route pour Cachi. Finalement un couple d’argentins en voyage de noce s’arrête et nous monte jusqu’à bon port. Nous comprenons vite pourquoi il y avait si peu de voiture quand nous nous retrouvons au milieu d’une zone désertique et montagneuse. L’endroit était incroyable, nous croisons pour la première fois quelques hameaux de tout juste une dizaine de maisons de terre et de paille confondus dans le décor. La culture et les visages changent brutalement, nous sommes toujours en Argentine mais il nous semble avoir changé de pays. Nous avons passé une frontière invisible et pourtant bien réelle, celle de l’ancien empire inca que nous traverserons jusqu’en Equateur.

Difficile d’imaginer qu’il puisse y avoir une ville au bout de cette route de terre ou derrière ces montagnes. Et pourtant…

cachi maison

Cachi

La descente vers Salta se fait à travers un autre désert densément peuplé de Cactus puis nous entrons dans la jungle humide et abondante.

La route est magnifique et forcément, encore plus belle à l’arrière d’un pick-up (pas de photo pour la partie jungle, lo siento!).

Route Salta

cachi - salta quebrada

cactus cardon

A l’arrière d’un pick-up c’est beau, mais c’est interdit dans les grandes villes. Du coup, nous sommes déposés à quelques kilomètres de Salta à un arrêt de bus que nous ne prendrons pas. Heureusement car nous aurions manqué une demi heure de rigolade à 6 dans la voiture de joyeux lurons qui essayaient de se guider dans Salta (ce qui peut prendre du temps quand le conducteur et sa guide confondent à tour de rôle la gauche et la droite).

Salta nous accueille avec une bonne averse, nous visiterons le lendemain. Ca sera au moins l’occasion de sortir nos ponchos!

La ville en elle même est agréable et vivante. Quel plaisir de découvrir ses grandes places et son architecture coloniale, nous avons l’impression pour un instant d’être dans une ville d’Espagne. Nous retrouvons nos repères et nos habitudes d’européens et fonçons boire un verre en terrasse. Chose qui ne nous était pas arrivée depuis les premiers jours à Buenos Aires. Donc oui, Salta est  « linda » et ce fut un plaisir de retrouver un peu d’Europe dans ses rue, et même parfois de se surprendre à lever la tête pour observer les murs vieillis de ses maisons et les clocher de ses jolies églises.

Salta calle

Salta cowboy

Nous quittons la ville excités de continuer le voyage et partons en stop jusqu’à San Salvador de Jujuy à la vitesse de l’éclair avec un dynamique responsable commercial, avec qui nous partagerons le déjeuner à l’arrivée. Jujuy est différente. Elle ne paye pas de mine à première vue mais dévoile ses charmes avec le temps. La ville est coupée en deux par le rio xibi : l’une avec ses places et ses églises qui n’ont finalement pas grand chose à envier à Salta, et l’autre plus populaire avec son marché très vivant qui ne s’endort que tard dans la nuit.

San salvador Jujuy

Maylis Jujuy

Ici s’arrête la route jusqu’à notre wwoofing à Jujuy. Ou presque, puisqu’il nous restait à prendre à 6h30 du matin l’unique bus pour Tilquiza, à 1h30 de Jujuy. De là, monter en 4×4 pour ce petit coin de paradis qui est la réserve naturelle « Aldea Luna » perchée dans la montagne, où nous ferons notre 6ème wwoofing.

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